la ferronnerie d'art au moyen âge

 

 

 

LES GRANDS TRAVAUX DE FERRONNERIE

DU MOYEN AGE 

Les pentures romanes. - Formées de bandes de fer fixées sur les vantaux des portes en bois par de gros clous, les pen­tures étaient terminées par un œil qui allait s'adapter aux gonds. C'est donc par ces bandes que les vantaux des portes étaient suspendus. En outre de leur grand effet décoratif, ces pentures avaient l'avantage d'empêcher le bois des panneaux de jouer en les maintenant fortement serrés les uns contre les autres. C'était en effet du rationalisme le meilleur: la déco­ration motivée par la construction. Néanmoins, dans certains cas, les pentures n'étaient pas fixées sur les gonds et n'avaient d'autre but que d'enrichir les vantaux de la porte tout en leur donnant une grande solidité. On les appelait alors des fausses pentures (fig. 1, 2) ou bandes indépendantes dont on trouvera des exemples sur les portes de la cathédrale du Puy, sur celles de l'église d'Ebreuil (Allier), sur celles de la cathédrale Saint­Maurice à Angers (fig. 1).

D'ailleurs, les forgerons du Moyen Age étaient très minu­tieux et, avant de poser leurs pentures, ils garnissaient les van­taux d'un feutre ou d'un cuir qui était collé sur le bois, et ces revêtements peints en rouge s'interposai ent entre le bois et la ferrure pour empêcher les éraillures du bois et pour que les clous s'enfoncent mieux et empêchent les aspérités d'écorcher les mains. On trouve encore des traces de ces peaux marouflées et peintes en rouge sur les portes de l'église d'Ebreuil, dans l'Allier.

Au XIe siècle; elles ont la forme d'un double enroulement. Telles sont celles de la cathédrale du Puy

Le dessin de ces pentures était assez sobre; souvent, il affec­tait la forme d'un C soudé au collet, comme aux portes de la cathédrale Saint-Maurice à Angers (fig. 1). Dans ces portes les fausses pentures du centre, destinées à rendre les vantaux solidaires, présentaient la forme d'un cercle que traversaient soit deux branches, soit quatre branches. Pour souder ce cercle aux branches de la croix, on battait à chaud les bran­ches l'une sur l'autre et, après la soudure des pièces, on évidait en découpant à l'étampe et au burin.

 

 

Les pentures gothiques. - Le XIII" siècle a vu l'apogée de la ferron'nerie du Moyen Age; car, on ne peut considérer comme ouvrages de forge les pentures en fer battu et repoussé des siècles suivants. Les pentures du XIIIe siècle furent construites comme celles de l'époque romane. Elles se développèrent en dimension, et s'enrichirent de floraisons ornementales très variées (PI. 1). Ces ornements étaient exécutés à l'étampe.

L'étampe (employée encore de nos jours) est un moule d'acier dans lequel les formes que l'on veut obtenir en relief sont en creux et celles que l'on veut voir venir creuses sont en relief. II y a souvent la contre-partie, lorsqu'on désirait que l'ornement ait deux faces. (Certains ornements étaient volontai­rement traités de la sorte.) Lorsque le fer est à la chaleur nécessaire, on l'incruste dans le moule, en frappant très fort de façon qu'il prenne bien à fond l'empreinte et ensuite on ra p­proche les deux parties. A l'aide du burin, on fait disparaître les traces du raccord et toutes les petites bavures occasionnées par la juxtaposition des deux étampes.

Nous ne pouvons donner ici, ni la reproduction, ni la des­cription de toutes ces pentures; nous avons choisi les plus belles et les plus célèbres, celles des portes de la façade occi­dentale de Notre-Dame de Paris.

Ces pentures dénotent une habileté prodigieuse; il fallut successivement forger et étamper les brindilles, les souder ensemble pour former des bouquets qu'on soudait aux tiges. Dans ces opérations, il fallait obtenir le degré de chaleur nécessaire sans brûler le fer. Les bandes principales (Pl. I) sont formées de plusieurs tiges juxtaposées et soudées par des embrasses. Ces tiges avaient autant de résistance qu'une barre pleine. II ne faut pas se lasser d'admirer la maîtrise de l'exé­cution des éléments du décor. Parmi les autres belles pen­tures dl} xme siècle, il ya lieu de citer celles des cathédrales de Noyon, Sens, Rouen, Beauvais, Mantes en France, d'Erfurt et de Marbourg en Allemagne.

Il nous reste à parler des pentures du XIVe et du xve siècle. Dès la fin du XIIIe siècle, les ferronniers ont donné à leurs pentures des formes découpées dans du fer battu. Les bran¬ches étaient découpées au burin et façonnées au marteau (fig. 3) et, le plus souvent, il n'y avait plus d'embrasses ni de nerfs soudés comme dans la plupart des pentures du XIIIe siècle. Ce procédé a "ait l'avantage de demander un travail beaucoup moins pénible tout en obtenant des œuvres ayant un galbe' délicat (fig.3). Avec le xv. siècle, apparaît le procédé qui consiste à rappor¬ter sur le corps principal de la penture des ornements en fer battu, découpé et repoussé. Souvent, il n'y avait pas de sou¬dures; mais parfois, ces fers battus, qui n'avaient comme épaisseur qu'un millimètre, étaient soudés sur une « âme» à chaud. Cependant, on n'avait pas entièrement renoncé aux fers soudés et étampés et on alliait parfois aux découpages à chaud des fleurons soudés aux tigettes, puis étampés et burinés.

 

Les clous. - L'usage de revêtir les vantaux des portes de clous décoratifs remonte à l'antiquité gréco-romaine; tout le monde connaît les beaux clous à têtes ciselées du Panthéon à Rome. Au Moyen Age, les clous ne jouaient pas seulement un rôle décoratif, mais ils servaient aussi à fixer les pentures: La tige divisée en deux pointes était rivée sur les traverses en serrant ainsi les planches des huis. Ces clous affectaient une grande diversité de formes suivant leur grosseur et leur saillie. Ils étaient en pointes de diamant, refendues et à facettes (fig. 4 CD), en graines (E), en gouttes de suif, en forme de cône tronqué formant quatre feuilles ou simplement coniques (AB). Quelquefois ces clous sont recouverts d'une espèce de capsule en cuivre ajustée après coup. Certains comportaient une facette médiane indiquant où le marteau devait frapper pour ne pas écraser la tête; mais l'on croit que les petits masques qui ornaient quelquefois ces clous étaient adaptés lorsqu'ils étaient enfoncés. Sans cela, les figurines auraient été écrasées par le marteau.

 

Dans le sud de l'Espagne, au Maroc et en général dans les pays soumis à l'influence de l'art musulman, on constate la recherche' d'un effet décoratif obtenu par des clous parfois si nombreux qu'ils forment un véritable revêtement métal­lique. Parfois ces clous ont des dimensions inusitées et leur tête saillante est côtelée, comme dans la curieuse porte de Tolède (Pl. II). Dès le XIIIe siècle les ferronniers avaient remarqué qu'on éraillait le bois en enfonçant les clous directement. Pour éviter cet inconvénient autant que pour joindre exactement, on posa entre le bois et la tête du clou (fig. 10 à 13) une rondelle de fer battu percée d'un trou de la grosseur de la tige.

et la porte de Tolède

Voici un lien très intéressant d'un connaisseur

 

Commentaires (5)

1. sygil32 (site web) 16/06/2011

Qui serait capable aujourd'hui de souder à la forge tous ces bouquets de brindilles ?
Peu de monde sans doute !

2. Amaia 09/05/2011

A propos de Tolède et des clous, voici ce qu'on trouve dans un récit de voyage du XIXème siècle:

"William, désespéré en face de tant de trésors, eut la bizarre idée, pour que ses amis d’Angleterre jugeassent des richesses archéologiques de Tolède, de recueillir seulement sur son album les types variés de têtes de clous de fer ou de bronze, souvent énormes, qui arment les portes des maisons, mêmes vulgaires. Il en dessina plus de cent soixante modèles, et cessa par découragement."

Léon Godard, L'Espagne : mœurs et paysages, histoire et monuments, Tours, Éditions Mame et Fils, 1862, p. 84.

Merci pour toutes ces infos très instructives !

3. CaptainSida 15/02/2011

un peu dure a comprendre mais c'est bien dit. ça déchire le moyen age. moi j'aurai aimé y vivre et etre un chevalier mais chaud avant tu pouvais mourir suffit que tetais un esclave et tes ami ils s'en foutait.
Nicole t'abite a annecy jy suis allé une fois on ses peut etre croisé, inscris toi sur facebook on poura etre ami lol.
Merci

4. Nicole Tissot 08/07/2009

Bonjour,

Je fais des recherches sur des grilles que l'on retrouve dans beaucoup de villes ou villages dits médievaux. Je suis à Annecy Haute-Savoie.

Ce travail de grilles de soupirail, de fenêtres, les barres verticales et horizontales sont imbriquées grâce à un oeil renflé...il est certes difficiles de vous expliquer la technique. En fait j'aimerais savoir si l'on peut dater se genre de travail, XVI jusqu'au début du XVIII ème ???? technique plus simpple ensuite (rivet....)
Peut être pouvez-vous m'indiques des ouvrages de références ou sites internet qui pourraient me permettre d'identifier l'époque du travail de ferronerie ou serrurerie.

Un grand merci

Nicole

5. Paillard Savio 14/06/2009

Trés instructifs, merci pour ces infos intéressante.

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