Les outils du Forgeron

Outillage - On doit d'autant plus admirer les œuvres de fer forgé du. Moyen Age qu'il ne faut pas oublier que les forge­rons de cette époque (avant d'exécuter n'importe quels tra­vaux) devaient préparer leur fer eux-mêmes, c'est-à-dire le mettre en état d'être forgé. Ils ne pouvaient en effet se procurer que des masses de fonte légèrement corroyées au martinet, et avant de façonner le fer, il fallait le battre pour bien l'amal­gamer, le rendre d'une part plus malléable et aussi plus compact.

 Le matériel du ferronnier du Moyen Age consistait unique­ment en un martinet actionné généralement par une rivière; il n'avait ni laminoir, ni filière, ni cylindre. Les outils étaient le marteau, le burin. les cisailles; la lime ne fut inventée

qu'à la fin du XIV" siècle. Aujourd'hui le fer est livré aux ferronniers laminé, préparé en barres rondes ou carrées de toutes dimensions, ils n'ont qu'à choisir les fers dont ils ont besoin, mais tout ce travail était autrefois entièrement fait à main d'homme à grand renfort de coups de marteau, ce qui d'ailleurs était préférable, car le fer conservait ainsi un aspect plus agréable que celui des barres actuelles rigides et mono­tones aux arêtes trop vives.

 Comme on en peut juger, les ferronniers disposaient de peu de moyens pour travailler le fer; ce qui ne les a pas empêchés d'ailIeursd'exécuter de vrais chefs-d'œuvre, Leur habileté, leur intelligence, leur imagination remplaçaient tout ce qui pouvait leur faire défaut,

Procédés. - II faut croire que, quoique restreints, les' pro­cédés des premiers ferronniers étaient bons, puisque encore de nos jours, on les emploie et même certains maîtres ferronniers, ont à cœur de s'en servir avant d'utiliser les progrès réalisés dans la façon de traiter le fer.

 La ferronnerie est une des rares branches de l'art décoratif qui ait conservé presque intacte à travers les siècles ses princi­paux procédés d'exécution. C'est ce qui d'ailleurs donne tant de charme aux œuvres de fer forgé quelle que soit l'époque à laquelle elles appartiennent, mais principalement au Moyen Age, où seuls marteaux et burins étaient employés.

On verra plus loin en quoi consistait le procédé de l'étampe qui fut employé de tous temps mais avec le plus d'habileté au Moyen Age.

 Quant aux soudures, elles dénotent chez les forgerons du Moyen Age une très grande habileté. Il leur a fallu, en effet, une extraordinaire sûreté d'exécution pour souder des pièces aussi compliquées que les pentures des portes de Notre-Dame de Paris sans les brûler.

 Ce sont les belles soudures qui font un bel ouvrage de fer forgé, et lui donnent son caractère. Si nous parlons au présent, c'est intentionnellement; car les bons ferronniers modernes emploient les mêmes moyens qu'autrefois pour souder leurs fer (nous mettons naturellement à part les procédés nouveaux tels que la soudure autogène ou soudure électrique). Le fer ne peut se fondre à un fcu ordinaire; en outre, il ne peut pas se couler comme l'or, l'argent, le cuivre, ou le plomb; mais il a l'avantage de pouvoir se souder à lui-même à la condition d'être chauffé à 1500 ou 1600 degrés.

La soudure se fait à différents degrés suivant la qualité du métal. S'il est aigre, c'est-à-dire cassant et peu ductile, il doit être au moins autant chauffé que lorsqu'il est doux. Les forge­rons voient par la pratique la chaleur du fer à sa coloration, lorsqu'il sort du feu de forge. Il devient d'abord rouge-cerise avant de devenir rouge blanc, et enfin à la « chaude suante », parce qu'à cet état on voit véritablement le fer suer des gouttes fondues. Les deux fers que l'on veut souder doivent être terminés en forme de sifflet et être plus gros avant la soudure qu'ils ne le seront après.

A cet effet, on refoule le fer pour fournir à la perte de la matière, dont une partie sera absorbée par le feu, ensuite on met les deux tronçons l'un sur l'autre en les frappant fortement sur l'enclume, on les triture en une seule pâte qui ne fait plus qu'un seul morceau. On peut de la sorte souder deux morceaux

d'un même métal, ou même deux métaux différents, en inter­calant entre les deux pièces qu'on veut réunir un métal plus fusible que le fer, tel que l'argent, le laiton, l'étain; cela devient alors une brasure.

L'idéal pour une soudure c'est d'être invisible; pour cela, il faut empêcher l'oxydation des surfaces en y jetant du sable ou de l'argile. Au burin, on peut aussi ragréer la jonction des fers aussi bien souvent pour masquer les petits défauts des soudures: Les forgerons du Moyen Age plaçaient des petites ceintures en fer, des colliers rabattus à chaud, au marteau, ou bien encore des petits ornements, des fleurons, des brin­dilles, des trèfles et surtout dans les pentures, des clous.

Au Moyen Age, les soudures se faisaient aisément au rouge blanc parce que le fer étant battu constamment, acquérait une

grande souplesse sans pour cela devenir cassant. En outre, à force d'être battu, le fer devenait ductile et serré. On peut dire que pour les ferronniers du Moyen Age, le fer semblait une matière molle et facile à souder comme le plomb.

C'était par un corroyage répété que le fer arrivait peu à peu à l'état de barreau ou de plaque. Le ferronnier recevait son fer en lopins (masse de fer obtenue en réunissant par le feu divers morceaux). C'est à force de bras que le ferronnier du Moyen Age arrivait à convertir ces lopins en barres.

Le montage des fers était effectué exclusivement par des rivets ou par des colliers en fer rabattus à chaud qui non seu­lement donnaient une grande solidité à la fonction de plusieurs fers, mais avaient encore l'avantage de masquer les petites imperfections de soudure, en outre ils constituaient par leur

Évolution de la Ferronnerie du XI" siècle au XIV. siècle. - L'histoire de l'art du fer forgé au Moyen Age présente une importance particulière. En effet, le ferronnier roman et le fer­ronnier gothique ont établi une technique du fer forgé si par­faite que les ferronniers des époques suivantes, depuis la Renaissance jusqu'à la fin des Temps Modernes, c'est-à-dire jusqu'au début du XIX. siècle, n'ont fait que suivre cette technique et n'y ont apporté que des modifications de détails.

Depuis l'époque romane jusqu'à la fin de l'art gothique, l'art de la ferronnerie évolue en passant par les phases indiquées ci-après:

 

1 ° XIe siècle et premier quart du XIIe: Enroulement de fers plats décorés de coups de poinçons. Embrasses.

2° Fin XIIe et XIIIe siècles: Apparition des ornements étam­pés. Embrasses.

3° XIV. siècle: Plaques de ter battu découpées remplacent ornements étampés. Rivets remplacent embrasses et sou­dures.

4" xv' siècle: Ornements en tôle repoussée sont soudés aux gros fers ou brindilles. Persistance du fer soudé et étampé.

5° xv' siècle: Tôle rapportée et rivée remplace plaques de fer battu et soudées.

Il nous reste à parler des pentures du XIVe et du xve siècle. Dès la fin du XIIIe siècle, les ferronniers ont donné à leurs pentures des formes découpées dans du fer battu. Les bran­ches étaient découpées au burin et façonnées au marteau (fig. 3) et, le plus souvent, il n'y avait plus d'embrasses ni de nerfs soudés comme dans la plupart des pentures du XIIIe siècle.

Ce procédé a "ait l'avantage de demander un travail beaucoup moins pénible tout en obtenant des œuvres ayant un galbe' délicat (fig.3).

Avec le xv. siècle, apparaît le procédé qui consiste à rappor­ter sur le corps principal de la penture des ornements en fer battu, découpé et repoussé. Souvent, il n'y avait pas de sou­dures; mais parfois, ces fers battus, qui n'avaient comme épaisseur qu'un millimètre, étaient soudés sur une « âme» à chaud. Cependant, on n'avait pas entièrement renoncé aux fers soudés et étampés et on alliait parfois aux découpages à chaud des fleurons soudés aux tigettes, puis étampés et burinés.

 

 

 

 

 

 

Commentaires (5)

1. HUBRECHT (site web) 22/10/2012

TRES BIEN POUR LES CONSEILS.

2. coralie (site web) 08/03/2011

ces cool ces long à lire mes ces cool merci beaucoup

3. imanefati2010 02/02/2011

cool le sujet merci

4. dada 11/01/2011

cest cave merci pareil

5. bob 14/12/2010

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